Voici un texte paru le 3 octobre 2009 dans le quotidien La Tribune dans lequel le journaliste Jonathan Custeau fait état du manque de place en CPE en Estrie.
Sherbrooke – Ils seraient près de 1000 enfants, sur le territoire de l’Estrie, à attendre qu’une place en garderie se libère. Une situation qui témoigne du laisser-aller du gouvernement libéral, selon les porte-parole officiels en matière de famille et en matière d’enseignement supérieur, de recherche et de développement, Nicolas Girard et Marie Malavoy.
Les deux députés péquistes étaient de passage à Sherbrooke, hier, dans le cadre de leur tournée provinciale pour promouvoir la campagne « Un enfant une place ». Ils cherchaient notamment à prendre connaissance de la situation dans les centres de la petite enfance (CPE) des Cantons-de-l’Est.
Le député de Gouin, Nicolas Girard, a notamment constaté que le besoin était particulièrement criant à Sherbrooke, où les parents cherchent une garderie à proximité de leur travail. « En conséquence, il y a un stress et une angoisse chez ceux qui terminent leur congé parental et qui ne peuvent retourner travailler faute d’une place en garderie. Est-ce normal, en période de récession, que des gens soient forcés de rester à la maison alors qu’ils pourraient travailler? ».
Entre autres exemples, les deux députés péquistes ont cité le cas des infirmières qui restent à la maison à défaut d’une meilleure conciliation de leur horaire. « Dans un autre cas, une jeune femme qui était prête à mettre 40$ par jour n’a pourtant vu d’autres solutions que de quitter son emploi », raconte Marie Malavoy.
M. Girard et Mme Malavoy qualifient les actions du gouvernement de cafouillage et d’improvisation. Sur les 18 000 places annoncées il y a deux ans, pour une période de trois ans, 479 ont échu en Estrie. « C’est insuffisant pour répondre à la demande » a précisé M. Girard.
« Dans le dernier budget provincial, il n’y a pas un mot sur des engagements pour créer de nouvelles places, alors que les libéraux en avaient promis 15 000. Même qu’à la lecture du témoignage d’un parent lors de l’Étude des crédits budgétaires, le ministre de la Famille, M. Tomassi, avait dit que les parents qui ne trouvent pas de place n’ont qu’à faire garder leur enfant par la voisine », ajoute Nicolas Girard.
Marie Malavoy a renchéri, insistant sur le fait qu’un enfant fréquentant la garderie se trouvera mieux préparé pour entrer à l’école. « De la même façon, on pourra détecter plus facilement des troubles d’apprentissage, ce qui permettra de gagner du temps dans leur développement. »
Nicolas Girard regrette également que les parents optent pour les places disponibles à défaut de pouvoir choisir une place de qualité qui leur convient. « Quand ils reçoivent un appel, c’est comme gagner à la loterie. »
Dans les prochains mois, le porte-parole officiel de l’opposition en matière de famille déposera à l’Assemblée nationale la pétition « Un enfant, une place », qu’il est possible de signer sur Internet. Il souhaite que le gouvernement annonce dès cet automne de nouvelles places pour 2010.
Enfin, du côté du Regroupement des CPE des Cantons-de-l’Est, la directrice Martine Staelher, précise qu’à ce jour, 67% des projets sont réalisés pour la création des 479 places promises en Estrie.
« La majorité des autres sont en fin d’échéancier. Mais même les futures installations ne permettront pas de combler les besoins anticipés. En ce moment, il y a un besoin pour les poupons alors que des places peuvent être disponibles pour des enfants de quatre ans. D’ici six à neuf mois, grâce au bureau d’inscription sur une liste d’attente centralisée, nous serons en mesure de dresser un portrait exhaustif de la région. »
Jonathan Custeau
La Tribune
Source : Jonathan Custeau, La Tribune, 3 octobre 2009, p. 26.





