Ingrid Bétancourt reçoit la Médaille d’honneur de l’Assemblée nationale du Québec

09-09-23_img_5314J’ai eu la chance d’entendre les mots empreints d’émotion d’Ingrid Bétancourt à l’Assemblée nationale, alors qu’on lui remettait la Médaille d’honneur mercredi dernier. Ces mots en étaient de liberté et de justice, pour cette femme qui ne rate pas une occasion de répéter que des otages, des amis,  se trouvent encore aux mains des Forces armées révolutionnaires de Colombie. Visiblement émue, madame Bétancourt a rappelé que le mouvement pour demander sa libération a pris naissance au Québec, alors qu’en juin 2002, était déposée à l’Assemblée nationale une pétition en ce sens. Ingrid Bétancourt est une inspiration pour tous et un modèle de courage.

 

Voici le texte que Pauline Marois a adressé à Indrig Bétancourt le 23 septembre 2009 à l’Assemblée nationale:

« Pour tous les parlementaires, c’est un honneur et une fierté de vous recevoir.

« Honneur, parce que les Québécoises et les Québécois ont été attentifs à votre situation et qu’aujourd’hui, c’est un plaisir par nous tous de vous accueillir au Québec, à l’Assemblée nationale.

« Fierté, parce que nous avons tous suivi, avec beaucoup d’inquiétude, vos pénibles années de captivité. Vous voir ici parmi nous aujourd’hui, c’est une grande victoire que nous nous permettons de partager.

« On vous l’a certainement dit : les Québécoises et les Québécois forment un peuple épris de démocratie et de liberté. Ils ont donc été choqués par votre situation et ont célébré votre libération.

« C’est d’ailleurs ce qui a poussé nos collègues du Bloc Québécois, qui représentent majoritairement le Québec au Parlement fédéral, à multiplier les prises de position et les représentations en votre faveur. Je pense qu’il convient de le dire ici aujourd’hui.

« Mais aujourd’hui, c’est de trois manières que je veux souligner le respect et l’admiration que vous nous inspirez.

« D’abord, en tant que personnalité politique. En tant que politiciens nous-mêmes, nous n’aurons jamais à faire face aux mêmes difficultés que vous. Fort heureusement d’ailleurs. Vous nous rappelez que la liberté de parole et le droit à l’éligibilité sont des biens qu’il faut chérir et qu’on ne peut tenir pour acquis. Nous, parlementaires, avons le devoir de garder constante cette préoccupation.

« Je veux saluer aussi la femme que vous êtes. Vous nous enseignez à toutes que les obstacles qui sont les nôtres peuvent être surmontés. Qu’il nous revient de fixer la barre de nos ambitions et que l’égalité à laquelle nous aspirons ne se demande pas : elle se prend.

« Finalement, c’est la personne que vous êtes que je veux saluer. La résilience dont vous faites preuve. L’amour pour vos proches qui vous a gardée vivante. Et le don de vous que vous perpétuez, bien au-delà des épreuves que vous avez vécues en nous faisant partager votre témoignage.

« Ingrid Bétancourt, merci pour tout. Merci d’être ce que vous êtes. »